Affaire des vaches

Marie, tu ne fera plus la sieste avec JOLIE COEUR.

Elle est morte.

Le 2 mars 2018, on a vu arriver bien du monde à Leyssart, petit hameau bucolique et tranquille, fier de sa ruralité : agents des services vétérinaires (on dit de nos jours DDPP), personnels d’une société de capture mais aussi gendarmes avec fusils mitrailleurs…..

Le Tribunal de Grande Instance de Libourne venait de décider le placement des bovins (130 animaux appartenant aux races béarnaise et lourdaise, races menacées de disparition) sous la pression des réseaux sociaux à l’origine d’un véritable lynchage médiatique (on a vu participer à la curée des gens de Meurthe et Moselle !).

La précipitation, la méconnaissance des besoins physiologiques mais aussi psychologiques de ces animaux de la part des « décideurs » de cette opération coup de poing ont conduit à une véritable catastrophe génétique mais aussi humaine (la désolation des vachers). Le nombre des animaux morts tout au long des 4 mois qui ont suivi le début de l’opération est impressionnant car malgré un mutisme total des Services Vétérinaires (pardon, DDPP !), grâce à des sources concordantes on peut affirmer que l’on approche de 40 taureaux, vaches et veaux.

Otages des bons sentiments, les bovins ont été poussés énergiquement dans des camions avec déjà un bovin mort pendant l’opération de transport. A l’arrivée les animaux ont été placés dans le centre d’allotement d’un marchand de bestiaux….. d’une capacité de 60 bovins…. mais ils étaient 130 ! Pour pouvoir contenir les trois troupeaux on leur a mis en sus à disposition un enclos minuscule, boueux et balayé par les vents.

Dans la hâte le bâtiment n'avait visiblement pas été désinfecté ce qui a fait courir un réel risque sanitaire aux animaux car un centre d'allotement est un endroit au microbisme complexe, théâtre de mouvements incessants d’animaux d’origines fort diverses, des animaux affaiblis car stressés par le transport et le changement d’habitat.

Les différents troupeaux de la ferme ont été mélangés à l’arrivée ceci brisant toute hiérarchie et donc toute vie sociale avec pour conséquence logique des bagarres incessantes… et des blessures. Le rythme biologique des animaux n’a pas été respecté ; habitués à maigrir pendant l’hiver (vaches accordéons) mais à retrouver des herbages de qualité dès la mi-mars, les bovins ainsi emprisonnés n’ont eu à se mettre sous la dent que des foins médiocres (des éleveurs pyrénéens de passage dans la structure ont même vu du foin moisi…!) Un pic de naissance des veaux a eu lieu à ce moment-là (printemps) mais la médiocrité de la ration n’a pas permis aux vaches d’allaiter correctement leurs petits, morts en tétant les tétines vides de leurs mères rêvant d’herbage et de liberté. Certaines bêtes ont été abattues parce qu'elles devenaient de plus en plus nerveuses et agressives, en fait elles refusaient leurs conditions de détention. A l’abattoir, leurs carcasses ont été saisies pour cachexie preuve qu'elles refusaient de se nourrir, habituées aux grands espaces : aux forêts pour s'abriter et aux prairies à la flore diversifiée conduite depuis 30 années selon les principes de l’agriculture biologique pour se nourrir.

Heureusement une partie des animaux, survivants à ce carnage, ont été achetés par des éleveurs des Pyrénées conscient de leur valeur génétique et par le Conservatoire des Races d' Aquitaine. Pour celles qui n'ont pas trouvé preneur, la solution a été de les vendre à vil prix au marchand de bestiaux qui les hébergeait. Celui-ci les a aussitôt revendus à dans un circuit qui les conduisait à l’abattoir. Leur intérêt génétique ainsi que le fait que plusieurs de ces vaches étaient en gestation nous ont moralement conduit à intervenir. Une douzaine d'animaux sont maintenant propriété d'une association.

L’avenir de ces animaux, au potentiel génétique indéniable, est plus qu'incertain car ils risquent d'être abattus. Voici le résultat de 30 ans de travail et d'inquiétude menée à la ferme conservatoire de Leyssart ou l'on s'est efforcé non seulement de maintenir et multiplier des races domestiques en péril à la valeur patrimonial incontestée mais également de sélectionner par respect des animaux, des bêtes porteuses de valeur autre que financière, comme la beauté, la gracilité, l'intelligence et la noblesse avec le souhait que dans notre monde moderne en manque de repaires, ils nous restent comme des visages du vivant.

Aidez-nous à vaincre cet injustice. In fine donnons quelque part une revanche à JOLI CŒUR.

Merci pour votre soutien

Dominique MASSOUBRE


En octobre 2018, Dominique a été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour mauvais traitement envers un animal. Le 28 juin 2019 aura lieu la partie civil du procès. L'état risque de demander le remboursement de la mise en pension des vaches, soit la somme de... 48 000 euros (un tarif de pension 3 fois supérieur aux tarifs normaux...). Il ne fait aucun doute qu'il s'agit là d'une méthode visant à nous détruire économiquement. Une fois encore, le système est à l'oeuvre pour éliminer les éléments qui ne lui sont pas conforme. Signez notre pétition : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/empechons-systeme-detruire-eleveur-norme/67772