Qui sommes nous ?

Qui sommes nous ?

La Ferme Conservatoire de Leyssart est présente depuis 1987 entre Gironde et Dordogne. Elle a pour vocation de préserver des races domestiques anciennes.

A l'époque, il existait quelques programmes de conservations, mais un énorme travail restait à faire, des races n'étaient pas reconnues officiellement, les inventaires n'étaient pas fait, certaines variétés étaient inconnues ou n'avaient jamais fait l'objet d'une mention.

Ces races étaient condamnées par les formes modernes de l'agriculture toujours plus productiviste. Le constat de voir disparaître ces anciennes races, objet de longues années de sélection par des générations de paysan, adaptées à des milieux difficiles et base de l'agriculture paysanne nous révoltait.

La ferme s'est donc engagée dans le sauvetage de ces animaux, qu'elle à jusqu'à ce jour conservés, multipliés, observés, en essayant de comprendre leurs différences pour mieux les préserver.

Un problème s'est rapidement posé pour l'entretien des animaux : l'exploitation est très réduite (10 ha en propriété). En 1994, nous avons donc mis en place un système de pâturage itinérant où les troupeaux se déplacent vers des pâturages inutilisés (friches, bois et prairies) ou font des passages sur des terres cultivées entre deux cultures de céréales, ou même des vignes l'hiver.

Grace à ce système, nous entretenons 2000 hectares de milieu naturel d'une manière complètement écologique. L'effet du pâturage ovin étant très bénéfique sur la flore, ce système d'exploitation a permis d'envisager des pâturages expérimentaux en relation avec le Conservatoire des Espaces Naturels d'Aquitaine. Les anciennes races à croissance lente ayant des besoins limités, elles peuvent se contenter d'une alimentation plus ligneuse et effectuent ainsi dans des zones embroussaillées une ouverture du milieu favorable à une diversification de la flore et aux plantes rares et d'intérêt patrimoniales.

Aujourd'hui, nous avons contribué à la sauvegarde de plusieurs races de bovins, d'ovins, de caprins, de porcins ainsi qu'a celle de nombreuses volaille. Nous avons également accueilli plus de mille personnes, stagiaires, employés et bénévoles, dont certain sont devenus des bergers expérimentés.

Orientation :

La ferme conservatoire n'a jamais cherché à constituer des collections de races, elle s'est au contraire efforcée d'accomplir un travail en profondeur sur chaune de celles représentées. Chaque race introduite a fait l'objet d'une étude (recherche bibliographique, contacts avec les derniers éleveurs, observations effectuées sur chaque génération). La constitution de troupeaux importants a permis de conserver des types différents, de redécouvrir des caractéristiques oubliées, de déceler des traces de croisement.

La Ferme Conservatoire a toujours collaboré aux programmes de conservation nationaux et régionaux. Elle a donc travaillé aussi bien en contact avec les éleveurs qu'avec de nombreux organismes. Parmi eux, une mention toute spéciale est à faire pour la collaboration avec le Conservatoire des Races d'Aquitaine qui a eu son siège pendant dix ans à la Ferme Conservatoire, leurs actions ayant souvent été confondues. Aujourd'hui, les taches du Conservatoire se sont considérablement étendues et son domaine d'activité déborder largement celui de la Ferme Conservatoire. Un personnel spécialisé y est affecté.

La Ferme Conservatoire s'est tout de même, pour certaines races, retrouvée devant l'obligation d'élaborer seule des programmes de gestion génétique particuliers. Elle a dû expérimenter des systèmes de reproduction utilisant un nombre important de mâles pour éviter une montée de la consanguinité. Il a fallu rechercher une méthode simple applicable dans le cadre d'une ferme disposant de peu de moyens et efficace souvent à l'intérieur d'un seul troupeau. Elle entretient par exemple un haras de béliers d'environ un millier d'animaux.

Nous accueillons également des personnes désirant s'initier ou apprendre en profondeur ce très vieux métier qui demande finalement au départ plus de qualités personnelles (tranquillité, écoute, recherche d'un certain état d'esprit où se redéfinissent le temps, la liberté, le don de soi, le cheminement personnel) que des connaissances pratiques. Les stagiaires sont nourris et logés en échange d'une participation effective aux travaux.

La Ferme Conservatoire s'intéresse également à l'histoire de l'élevage en craignant que l'évolution ait délaissé ce qui aurait pu devenir parfois une solution facile. Nous tendons à maintenir ou à réexpérimenter des cotés archaïques de l'élevage comme l'association dans un même troupeau d'espèces différentes (moutons, chèvres, ânes) ou bien un semi-nomadisme (effectuer avec un troupeau un circuit de plusieurs mois en utilisant des surfaces délaissées comme des friches, chaumes, sous bois, prairie de fauche à nettoyer l'hiver etc.)

Le maintien d'une race à très faible effectif

Pour qu'une race soit forte, résistante aux maladies, productive et conserve toutes ses qualités d'élevage, il faut qu'elle possède une bonne variabilité génétique, c'est à dire que tout en se ressemblant plus ou moins les individus qui la composent doivent présenter assez de différences entre eux pour que lors des accouplements, leurs gènes puissent se combiner de manière à produire un organisme nouveau. Plus il y a de différences entre le père et la mère, plus le jeune sera pourvu d'une certaine vitalité. C'est un des miracles de la vie, que la force se battisse de différences.

Il est donc impératif pour les races en voie de disparition, mais pour les autres aussi, d'établir un programme qui permette à chaque famille, à un maximum d'individus de se reproduire.

N'ayant pas les moyens de mettre en oeuvre pour les ovins des systèmes complexes ou chaque accouplement est dirigé, la Ferme Conservatoire a adopté une méthode assez simple qui consiste à faire reproduire un maximum de mâles, bien plus qu'il n'est besoin normalement. Après plusieurs années d'expérience, ce système semble très bien marcher, certaines de nos races ayant perdu les problèmes imputables à la consanguinité qu'elle ont connu.

Hypothèse : il semblerait que chez la femelle qui est saillie par plusieurs mâles le jour de ses chaleurs, l'ovule soit fécondé par un des spermatozoïdes le plus éloigné génétiquement de lui. Ce qui sous-entendrait que l'ovule exercerait un certain choix et que la nature dans certains cas ne laisse pas autant de chance au hasard qu'on ait pu le penser.